L’ELISIR D’AMORE: LE PARFAIT ELIXIR

L'Elisir d'Amore

Gabriele Viviani (Il Dottor Dulcamara), Étienne Dupuis (Belcore), Vittorio Grigolo (Nemorino) & Lisette Oropesa (Adina) (Photo: Guergana Damianova / OnP)

 

L’Elisir d’Amore, opéra de Gaetano Donizetti sur un livret de Felice Romani basé sur le livret d’Eugène Scribe pour Le philtre (1831) de Daniel François Esprit Auber. Crée le 12 mai 1832 au Teatro della Canobbiana à  Milan. Première par L’Opéra national de Paris à l’Opéra-Bastille le 25 octobre 2018.

Adina: Lisette Oropesa
Nemorino: Vittorio Grigolo
Belcore: Étienne Dupuis
Il Dottor Dulcamara: Gabriele Viviani
Giannetta: Adriana Gonzalez

Direction musicale: Giacomo Sagripanti
Mise en scène: Laurent Pelly

Musique:
Mise-en-scène:

L’Elisir d’amore revient à l’Opéra de Paris avec un casting de très haute volée et une mise en scène aussi élégante qu’intelligente signée Laurent Pelly. Fidèle au lieu où l’action est censée se dérouler, le metteur en scène place les personnages dans une campagne italienne, où une société profondément agricole se fait duper par le charlatan-docteur Dulcamara qui vend toutes sortes d’elixirs. Des paysans en salopette ou en tunique s’agitent puis s’endorment sur des montagnes de bottes de foin dans ce qui est une image d’Épinal de la campagne italienne, inspirée à n’en pas douter des films de Dino Risi, où des pylones électriques poussent au milieu des champs, où des scènes s’improvisent pour les fêtes tandis que les premiers camions sillonnent les villages.

Dans ce décor très couleur locale, Vittorio Grigolo ne fait qu’un avec Nemorino. Son jeu est plus qu’entier, lorsqu’il cherche à arrêter la mobylette d’Adina pour lui prouver son amour au premier acte, ou lorsqu’il fanfaronne son indifférence une fois qu’il s’est procuré le fameux elixir d’amour.  Avec sa voix puissante (quel coffre !), il coiffe et le choeur et l’orchestre, plus conquérant que le soldat qui sera finalement éconduit. On croit entendre un petit grain dans sa voix, mais ce son un chouia éraillé le rend presque plus poignant. Sa gestuelle expansive de benêt romantique est drôle et colle parfaitement au décor.

Lisette Oropesa, qui s’était illustrée quelques jours plus tôt en Marguerite dans Les Huguenots, quitte sans encombre les parures de reine pour son fichu de paysanne. Sa force réside dans ses roucoulements de coloratura, où sa voix claire claironne avec une belle agilité. Moins chaleureuse que Vittorio Grigolo, son jeu est tout aussi convaincant, et leurs voix se répondent agréablement aux premier et deuxième acte, lorsqu’Adina accepte la proposition de mariage de Belcore pour narguer Nemorino, puis lorsqu’elle revient sur sa décision et déclare à ce dernier son amour le jour de son mariage avec le premier.

Avec une voix légèrement couverte qui porte moins, Belcore/Etienne Dupuis souffre un peu de la comparaison avec Nemorino/Vittorio Grigolo. On retiendra davatange Gabriele Viviani, qui incarne avec verve le rôle très rossinien du docteur Dulcamara. Avec son costume rose fatigué au 2ème acte, il a quelque chose de Méphistophélès lorsqu’il emberlificote le pauvre Nemorino. En mettant l’accent sur le caractère bouffe de l’oeuvre, l’orchestre n’a que de rares opportunités de briller. Les flûtes s’entrelacent et les timbales sonnent avec élan lors de l’ouverture, mais l’on oublie un peu l’orchestre jusqu’au très attendu «una furtiva lagrima».

Cette production de l’Elisir d’amore, portée par deux chanteurs hors pair, avec une mise en scène séduisante et efficace, est une grande réussite. Pour qui n’est jamais allé à l’opéra, c’est le spectacle idéal avec lequel commencer !

Il y a des représentations jusqu’au 25/11/2018.

Max Yvetot (Publié le 28/10/2018)

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