“LUCIA DI LAMMERMOOR”: UN HOMMAGE A MARIA CALLAS

Maria Callas

Maria Callas

Lucia di Lammermoor, opéra de Gaetano Donizetti sur un livret de Salvadore Cammarano, d’après le roman La Fiancée de Lammermoor de Walter Scott. Creation le 26 septembre 1835 au Teatro San Carlo de Naples. Version de concert au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, le 12 septembre 2017.

Lucia: Jessica Pratt
Edgardo: Paolo Fanale
Enrico: Luca Salsi
Raimondo: Riccardo Zanellato
Arturo: Xabier Anduaga
Alisa: Valentine Lemercier
Normanno: Kévin Amiel

Orchestre National d’Ile-de-France
Ensemble Lyrique Champagne-Ardenne
Direction musicale: Roberto Abbado

Jessica Pratt

Jessica Pratt (Foto: Benjamin Ealovega)

Paolo Fanale

Paolo Fanale

Roberto Abbado

Roberto Abbado

Ce concert est un hommage au 40e anniversaire de la disparition de Maria Callas le 16 septembre 1977.

Jessica Pratt a galvanisé le public mardi soir pour ce concert d’ouverture de la saison musicale du Théâtre des Champs-Elysées. Dans le rôle-titre de Lucia di Lammermoor, Jessica Pratt est si à l’aise avec le personnage qu’elle le respire, tout en donnant l’impression de vivre l’histoire comme si c’était la première fois. La soprano colorature australienne est extraordinaire dans les jeux de voix, elle emprunte de subtils détours qui sont autant de caresses pour les oreilles des spectateurs que de variations à travers lesquelles fleurissent les sentiments d’amour, de joie, de rage et de détresse qui déchirent l’héroïne. Jessica Pratt donne une lecture tranquille de la folie, on assiste plus à l’égarement d’un oiseau fébrile qui roucoule tendrement de douleur qu’à des tempêtes glaçantes et stridentes. C’est une folie innocente, fragile, parfaitement portée par la mélodie de la flûte, guidée par les hochements de tête du chef d’orchestre Roberto Abbado. Jessica Pratt est néanmoins d’une agilité déconcertante pour passer en un claquement de doigts des lancinantes hallucinations aux piques furibondes, des modulations suaves aux soupirs haletants; ses murmures sont si puissants qu’ils envahissent la salle et glacent l’échine.

Superbe dans l’air de la folie, elle fut aussi remarquable dans le duo amoureux avec Edgardo au premier acte; l’électricité avec Paolo Fanale était palpable. Le jeune ténor semble si heureux de chanter – et nous sommes de l’écouter – qu’il laisse croire qu’Edgardo n’éprouve nulle tristesse lorsque celui-ci annonce son départ à Lucia. Il a une voix évidente, douce et facile, sa diction est claire et il exprime brillamment la tragique innocence du héros, constamment frappé par le destin. Paolo Fanale chante avec justesse tant la colère vive du fiancé trompé au deuxième acte que le désolant désespoir de l’amoureux meurtri au troisième acte.

Luca Salsi, dans le rôle d’Enrico, a un timbre paternel qui siérait bien à des rôles verdiens. Dans le premier acte, il manquait de legato et il avait du mal à convaincre le public de sa colère contre Edgardo; le chef a dû moduler le rythme pour que chanteur et orchestre soient au diapason. Meilleur dans le duo du deuxième acte avec Lucia, sa voix se prête plus aux lents tourments qu’aux exclamations ardentes. Il arbore les atours, la voix chaude, fière et roulante du frère manipulateur qui s’impose chef de famille.

L’orchestre, subtil la plupart du temps, est parfois tonitruant et les voix sont englouties par les cuivres. La voix de Kévin Amiel, dans le rôle de Normanno, peine à surnager au premier acte, et même Paolo Fanale disparaît lorsque l’orchestre s’emballe. Seuls Jessica Pratt et le très bon Raimondo de Riccardo Zanellato parviennent à percer ce mur du son. Car mardi soir au Théâtre des Champs Elysées, les seconds rôles ont aussi été magnifiquement interprétés. Le célèbre sextuor du deuxième acte a été virtuose, habilement conduit par Roberto Abbado. Xabier Anduaga plante d’une voix agile et expressive un Arturo nuancé, tandis que Valentine Lemercier interprète avec aisance le rôle d’Alisa.

Hommage à Maria Callas, cette soirée fut par l’agile grâce de Jessica Pratt également un clin d’oeil à Joan Sutherland et peut-être aussi à Luciano Pavarotti, dont la disparition fut célébrée au mois de septembre et qui accompagne cette dernière dans un enregistrement de Lucia di Lammermoor qui a fait date, grâce à la voix suave et angélique de Paolo Fanale.

Max Yvetot (Publié le 14/9/2017)

 

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4 Comments

  1. Pieter K. de Haan schreef:

    In de Nederlandse versie van deze recensie las ik o.m.: “De jonge tenor Paolo Fanale…met zijn bescheiden, soepele stem…” en “…zelfs Paolo Fanale verdronk bij momenten in de overvloedige orkestklank.”. Dat leek mij nogal tegenstrijdig en daarom heb ik ook even de originele Franse tekst gelezen en daar staat: “Il a une voix évidente, douce et facile…”. N.m.m. laat geen van deze drie adjectieven zich vertalen met “bescheiden”.

  2. Jan de Jong schreef:

    De Nederlandse versie van deze recensie is niet bepaald een vertaling. Dat staat er weliswaar ook niet bij, maar het wordt wel gesuggereerd. De Nederlandse tekst is een impressionistische weergave van het Franse origineel. De vertaler heeft zaken toegevoegd, coupures aangebracht en woorden vrij geïnterpreteerd. Dat kan natuurlijk, maar behoort er dan wel bij te staan. Ik meld het maar hier, net zoals de heer De Haan, want bij de Nederlandse versie is de mogelijkheid tot reageren uitgeschakeld.

  3. Pieter K. de Haan schreef:

    Beste heer De Jong, met mij schrijft u “De Nederlandse versie van deze recensie…”. Ik heb bewust niet geschreven “De Nederlandse vertaling van deze recensie…”. U stelt, dat het “niet bepaald een vertaling is” om twee zinnen later te beginnen met “De vertaler…”. Dat is niet bepaald consequent. Ik heb niet meer gesteld dan dat de in het originele Frans gebruikte adjectieven zich geen van drieën laten vertalen met “bescheiden”. Overigens behoren ook in een “impressionistische weergave van het Franse origineel” – wat dat ook moge zijn – de gestelde zaken wél te kloppen en dat doen ze niet: dat een tenor met een bescheiden stem ZELFS verdronk in de overvloedige orkestklank is gewoon klinkklare onzin.

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