UN BARBIER ELEGANT ET ENLEVE

Il Barbiere di Siviglia

Ensemble. (Foto © Vincent Pontet)

Il Barbiere di Siviglia, opéra de Gioacchino Rossini sur un livret de Cesare Sterbini, basé sur la comédie Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile de Beaumarchais. La première eut lieu le 20 février 1816 au Teatro di Torre Argentina à Rome. Première de cette production au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, le 5 décembre 2017.

Il Conte Almaviva: Michele Angelini
Figaro: Florian Sempey
Rosina: Catherine Trottmann
Bartolo: Peter Kálmán
Basilio: Robert Gleadow
Berta: Annunziata Vestri
Fiorello: Guillaume Andrieux

Le Cercle de l’Harmonie
Chœur Unikanti

Direction musicale: Jérémie Rhorer
Mise en scène: Laurent Pelly

Musique:
Mise-en-scène:

Pour préparer en fanfare les fêtes de fin d’année, rien de tel qu’un opéra de Rossini. Le Théâtre des Champs-Élysées présente justement ce mois-ci Le Barbier de Séville avec une mise en scène signée Laurent Pelly.

Loin des clichés de Séville ou des pastiches d’Espagne, la mise en scène joue sur la musique elle-même: les chanteurs sont des notes qui virevoltent sur des partitions géantes, rouleaux incurvés sur une scène noire. La musique devient le personnage principal de la pièce, la raison d’être de tous les quiproquos successifs, moteur et résultat des rebondissements dramatiques. Les décors et les costumes sont élégants, mais la scène paraît trop statique pendant le premier acte et l’ensemble manque de mouvement. L’arrivée de la garde à la fin du premier acte apporte l’énergie manquante que les décors épurés peinent à apporter. Les pétales couleur prune en apesanteur, le pan de mur qui tombe d’un coup, engloutissant le piano, l’écran bleu nuit de la scène finale au 2ème acte ont été des notes de couleur bienvenues. Au-delà de la réflexion sur la musique, la force de la mise en scène tient surtout à la qualité du jeu des chanteurs, à leur capacité à illustrer avec légèreté l’humour bouffon de leur rôle. Les meilleurs passages sont les scènes collectives, plus chaleureuses, car la scène semble alors moins vide, réchauffée par les interprètes et le chœur.

Michele Angelini, dans le rôle du Comte Almaviva, est un très bon chanteur, souple, imperturbable face aux défis vocaux, mais son timbre crémeux, plein de vibrato et un rien nasillard lorsqu’il gonfle la voix sied peu aux sérénades amoureuses ou aux leçons de morale.

Il est par contre excellent dans les scènes plus franchement comiques, que ce soit en soldat éméché ou en professeur de piano, notamment dans l’entêtant “gioia e pace”. Florian Sempey incarne un Figaro roublard. Sa voix, presque celle d’une basse, tonne et clame le chant sautillant du machiavélique instigateur de troubles. Il chemine comme un gangster et il possède le souffle suffisant pour dompter de la voix les montagnes russes de la partition. Néanmoins, son interprétation, scénique et vocale, manquait un peu de générosité.

La mezzo-soprano Catherine Trottmann est agréable à écouter. D’une élégante agilité vocale, elle montre bien le parfum belcantiste du rôle, même si ni elle ni Michele Angelini ne parviennent à convaincre le public de la véracité de leur amour.
Robert Gleadow semble fait pour le rôle de Don Basilio, ici en sorcier de la calomnie agitant ses mains autour d’une boule de lumière. L’ingrat rôle de Don Bartolo, le prétendant trompé, est lui aussi très bien interprété par le massif Peter Kálmán.

L’orchestre du Cercle de l’Harmonie est bien conduit par le jeune chef Jérémie Rhorer. Les contrastes de tempo sont appuyés, les instruments tantôt languissent, tantôt se muent en un essaim d’insectes bourdonnant. L’orchestre manque parfois de coffre dans les graves et le son est parfois métallique, mais on peut noter la très bonne prestation des vents.

Cette élégante version du Barbier de Séville se démarque d’une tradition qui recycle un ensemble d’astuces attendues, même si le caractère un peu austère des décors et des costumes fait que la scène n’est pas toujours aussi vivante que le permettrait la partition.

Il y a encore des représentations les 8, 10, 13 et 16 décembre 2017.

France Musique diffuse cet opéra le 31 décembre 2017 à 20h.
Cet opéra fait l’objet d’une captation télévisuelle réalisée par François Roussillon. Le spectacle sera retransmis en direct sur le site Arte Concert le 16 décembre et sur l’antenne d’Arte le vendredi 29 décembre 2017.

Max Yvetot (Publié le 7/12/2017)

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